Chien Costa Blanca : la question que beaucoup de futurs expatriés me posent.
Chez nous, il y a presque toujours eu un animal à la maison, chien ou chat. Le recordman reste Caviar, un joli nom pour un chat tout noir, qui nous a accompagnés pendant 18 ans. Alors quand on a décidé de partir vivre en Espagne, la question ne s’est même pas posée : le chien venait avec nous. Mais avoir un chien sur la Costa Blanca, est-ce vraiment une bonne idée ? Après plus d’un an et demi, je vous raconte tout.
🐶 Le coup de foudre Bull Terrier
Il y a presque dix ans, je suis tombé amoureux des Bull Terriers. Avec leur tête en forme d’œuf et leur regard de petit malin, ce sont des chiens qui ne ressemblent à aucun autre. Et derrière cette allure de petit costaud se cachent de vrais clowns : toujours prêts à faire les pitres, à courir après leur queue ou à vous regarder la tête penchée comme s’ils n’avaient rien compris… alors qu’ils ont tout compris. Avant de me lancer, j’ai dévoré des livres et des pages internet, pour connaître cette race à fond et être sûr qu’elle collait vraiment à notre style de vie. Un chien, c’est pour quinze ans, pas pour un coup de cœur. Une fois la décision prise, il restait à trouver le bon éleveur. En Belgique, je n’ai pas trouvé mon bonheur, alors direction la France.
Après de longues recherches, je suis tombé sur le domaine Head Full, en Seine-et-Marne. J’y ai trouvé une famille magnifique et un élevage extraordinaire, où les chiots grandissent dans la maison, au milieu de la cuisine, du bruit et de la vie de tous les jours. On allume même l’aspirateur exprès pour qu’ils ne deviennent pas peureux. Je savais que j’étais au bon endroit.
💔 Ozzy, notre premier amour
Ozzy, un mâle splendide, est vite devenu un membre à part entière de la famille. Je me souviens des balades au Sart Tilman et des séjours sur la Côte d’Opale, où, un matin, pendant que nous étions partis déjeuner, il a mis la chambre à sac. Je ne vous dis pas dans quel embarras nous étions en descendant à la réception pour avouer le carnage ! Heureusement, l’hôtelier a pris ça avec philosophie et son assurance a couvert les dégâts. Nous, on a surtout retenu la leçon : un Bull Terrier qui s’ennuie, c’est un décorateur d’intérieur très créatif. Mais quel chien ! Aimant, drôle, plein de caractère, Ozzy avait conquis tout le monde, même l’hôtelier.
Un jour, en le caressant, j’ai senti une grosseur au niveau de la patte. Le vétérinaire nous a envoyés à la clinique vétérinaire universitaire du Sart Tilman, où le diagnostic est tombé : un cancer des ganglions. Après une longue discussion avec le véto, nous avons choisi la chimio. Ozzy a été d’un courage exemplaire. Le premier protocole n’a pas fonctionné, le deuxième oui, mais la maladie est revenue deux ou trois mois plus tard. On nous a proposé un troisième protocole, que nous avons refusé. Ozzy a tout juste eu le temps de fêter ses 3 ans avant que nous prenions la décision la plus douloureuse qui soit. Une journée horrible.
🐟 Uriel, le plus beau des poissons d’avril
Il nous a fallu trois années de deuil, avec des souvenirs qui nous mettaient chaque fois la larme à l’œil, avant d’être prêts à accueillir un nouveau chien. Le domaine Head Full venait justement d’avoir une portée. Normalement, on ne vient pas voir des chiots aussi jeunes, mais vu notre histoire avec Ozzy, Arianne nous a ouvert sa porte.
Ni une ni deux, le samedi matin, nous avons fait 425 kilomètres jusqu’à Perthes. Quel bonheur de revoir des Bull Terriers ! Et il était là, le tout petit Uriel, qui tournait dans nos jambes, se laissait prendre dans les bras et nous mordillait les doigts. Nous avons dû attendre encore un mois avant de le ramener à la maison, le 1er avril 2023. Un fameux poisson d’avril !
🚗 Le grand voyage : 1 950 km en trois étapes
En février 2025, Uriel était évidemment du grand voyage vers l’Espagne. Pour lui, nous avons fait le trajet en trois jours, environ 650 km par jour. Bonne décision : une journée entière en voiture le stressait beaucoup. Si vous faites le même trajet avec votre chien, prévoyez des pauses toutes les deux ou trois heures et des hôtels qui acceptent les animaux.
Et puis, entre nous, Uriel ne débarquait pas vraiment en terre inconnue : sa grand-mère est espagnole. On peut dire qu’il est simplement rentré au pays.
🏡 La nouvelle vie d’Uriel
Il s’est adapté très vite. À Liège, nous vivions en ville. Ici, c’est la campagne, avec de grands espaces pour les balades. Ses yeux s’allument dès qu’il aperçoit un lapin ou un chat (les chats, ce n’est pas trop son truc). Le voir aussi heureux, c’est un vrai plaisir.
Il boit nettement plus qu’en Belgique et mange comme avant, sauf pendant les grosses chaleurs, où il a un peu moins d’appétit.
📋 Les démarches : puce, registre et assurance
En Espagne, les animaleries sont partout, et beaucoup ont leur propre centre vétérinaire avec trois ou quatre vétos. Service impeccable et sérieux, j’ai une confiance totale.
À la première visite, le véto a contrôlé la puce et inscrit Uriel au registre valencien d’identification animale (RIVIA). Une semaine plus tard, nous recevions par courrier son identification espagnole.
ℹ️ Deux points à connaître
L’assurance responsabilité civile est obligatoire pour tous les chiens depuis la loi espagnole sur le bien-être animal (loi 7/2023). Votre assurance habitation la couvre peut-être déjà : vérifiez-le.
Les chiens « PPP » (potentiellement dangereux) : la Comunitat Valenciana a sa propre liste, plus longue que la liste nationale. Elle compte 15 races, dont le Doberman, le Rottweiler… et le Bull Terrier. Pour ces chiens, il faut une licence délivrée par la mairie, une assurance spécifique, une muselière et une laisse courte dans les lieux publics. Voir la liste complète
🩺 Les vétos et la leishmaniose
C’est LA maladie à connaître ici. Elle est transmise par un petit moustique, le phlébotome. À la première visite, Uriel a eu une prise de sang pour vérifier qu’il n’était pas déjà infecté, puis il a été vacciné. Comptez environ 100 € pour l’ensemble des vaccins la première année. Cette année, le renouvellement m’a coûté 75 €, car un des vaccins est valable trois ans. À cela s’ajoute un collier ou une pipette répulsive pendant la saison des moustiques.
Les urgences vétérinaires un dimanche matin, on a testé aussi. Le samedi, une guêpe avait piqué Uriel à la joue. Le dimanche au réveil, je ne l’ai pas reconnu : sa joue avait triplé de volume (on en rit maintenant !). 50 € et une piqûre plus tard, ça a désenflé rapidement, et trois jours après il n’y paraissait plus.
🧼 Pipi, caca : ici on ne rigole pas
C’est une grande différence avec la Belgique. Les crottes se ramassent, sinon les amendes sont salées, et méritées. Résultat : en ville, on n’en voit pratiquement pas. De plus en plus de communes imposent même d’avoir une bouteille d’eau pour diluer le pipi. Au début, ça fait sourire. Puis on se rend compte que les trottoirs sont propres.
🔥 L’été : le chien vit à l’heure espagnole
Entre mai et septembre, le thermomètre dépasse parfois les 40°. Sortir son chien en pleine journée est impossible : le sol brûle les coussinets et l’air ressemble à celui d’un four qu’on ouvre. Alors on change de programme : une belle balade d’une heure tôt le matin avant la chaleur, puis une autre tard le soir. Et entre les deux, avec l’airco, Uriel est aux anges.
⚠️ Les dangers locaux à connaître
- La chenille processionnaire : de janvier à avril environ, ces chenilles descendent des pins en file indienne. Leurs poils sont très urticants, et un chien qui les renifle ou les lèche peut avoir de graves lésions à la langue. En cas de contact : rincer à l’eau, sans frotter, et filer chez le véto.
- Les épillets : en été, ces petits épis secs se glissent dans les oreilles, le nez ou entre les doigts. Un contrôle rapide après chaque balade suffit.
🏨 Et quand on part ?
Quand nous partons quelques jours ou rentrons en Belgique, Uriel va lui aussi à l’hôtel, un 4 étoiles près de la Marina, le caniresort, où il peut jouer avec d’autres toutous. À chaque fois, c’est le même cinéma : à peine arrivé, il galope partout et en oublie de nous dire au revoir. Ça déculpabilise ! Si vous l’emmenez en Belgique, pensez au passeport européen et au vaccin contre la rage à jour.
🏖️ Budget, plages et vie de quartier
La nourriture me semble un peu plus chère qu’en Belgique, mais ce sont surtout les friandises à mâcher, comme les oreilles de mouton, qui coûtent au moins 50 % de plus. Allez savoir pourquoi.
Côté plages, la plupart sont interdites aux chiens en été, mais il existe des plages canines ouvertes toute l’année. Près de chez nous, il y a Cala Mosca II (Cabo Peñas) à Orihuela Costa et la Cala del Rocío à Torrevieja.
Et puis il y a la vie de quartier. Uriel est presque devenu la mascotte de la résidence. Tous les voisins le connaissent et l’adorent, au point que des amis venus en visite lui ont apporté un petit cadeau pour jouer.
✅ Alors, c’est oui ou non ?
Posez la question à Uriel. Entre ses balades au lever du soleil, sa sieste sous l’airco, son hôtel 4 étoiles et son fan-club de voisins, il ne retournerait à Liège pour rien au monde. Bon, peut-être pour une oreille de mouton à prix belge…
Pour nous, c’est un grand OUI. Il faut juste accepter quelques nouvelles habitudes : une bouteille d’eau dans la poche, des promenades à l’heure des boulangers, et un œil sur les chenilles au printemps. En échange, on a un chien heureux, bronzé (enfin, presque) et redevenu plus espagnol que nous.
Alors si votre fidèle compagnon hésite à devenir un chien Costa Blanca, rassurez-le : ici, les chiens n’ont pas une vie de chien. 🐾 🐾
🟢 Le conseil de Rohnny
Avant le départ, vérifiez si la race de votre chien est classée PPP en Comunitat Valenciana, car la liste n’est pas la même qu’en Belgique ni que dans la région voisine de Murcie. Une fois arrivé, filez chez le véto pour l’inscription au registre et le test leishmaniose. Et n’oubliez jamais la bouteille d’eau : en Espagne, c’est le meilleur ami du meilleur ami de l’homme.
🐾 Et vous, votre compagnon à quatre pattes ?
Vous avez déjà fait le grand saut avec votre chien, ou vous hésitez encore ? Racontez-moi tout en commentaire ! Vos questions, vos anecdotes et vos bons plans vétos sont les bienvenus. Uriel lira par-dessus mon épaule… 😉





